
Olivier Belnard développe un travail centré sur le portrait comme un face-à-face. Face au tableau, le spectateur rencontre une autre présence humaine. Un échange s’installe alors par le regard, comme une rencontre indirecte entre le spectateur et l’artiste à travers chacun de ses personnages.
Après plus de vingt-cinq années consacrées au dessin et à la peinture, longtemps guidé par la recherche de justesse, de ressemblance et de maîtrise, son travail s’est progressivement déplacé vers la déstructuration. La perfection d’une œuvre lui paraît désormais illusoire. Superpositions, matières, traces, ruptures graphiques et accidents participent à cette recherche d’un équilibre plus libre. La ressemblance au modèle n’est plus essentielle : c’est ce que le visage devient et ce qu’il finit par exprimer qui importe.
Ses séries explorent différentes parts d’une même humanité. Puissance, calme, colère, étrangeté, fragilité ou provocation deviennent des expressions dans lesquelles chacun peut reconnaître quelque chose de lui-même. La couleur, volontairement franche, n’est plus seulement picturale : elle porte l’émotion et l’énergie du personnage.
Le hasard occupe une place essentielle dans son processus. Olivier Belnard travaille comme un funambule, cherchant à conserver la maîtrise tout en acceptant que l’œuvre puisse lui échapper. Cette tension entre contrôle et accident est précisément ce qui maintient la peinture vivante.
Devant ses portraits, Olivier Belnard ne recherche pas l’indifférence. Fascination ou rejet, adhésion ou refus : dans les deux cas, une réaction a eu lieu. Pour l’artiste, accepter la figure que l’on regarde, aussi dérangeante soit-elle, revient peut-être à reconnaître une part de sa propre condition humaine. Le rejet lui-même devient alors une forme de miroir, révélant parfois ce que chacun préfère tenir à distance.
